mercredi 5 juin 2013

England's Lane. Joseph Connoly (éditions Flammarion, 417 pages)




Londres, 1959, England's Lane. C'est ainsi que s'appelle la petite rue commerçante ou vivent Milly et son mari, Jim, qui a repris la quincaillerie de ses parents. On se demande un peu pourquoi elle l'a épousée, au cours d'une courte permission pendant la dernière guerre... en tous cas on ne peut pas dire qu'ils sont heureux en ménage. Après le décès tragique de ses parents dans un accident de voiture, ils ont recueilli Paul le neveu de Milly, âgé de dix ans. C'est ce petit garçon qui fait son bonheur, elle qui aurait tant aimé avoir des enfants. Dans England's Lane vivent aussi Stan le confiseur, dont la femme reste cloîtrée dans sa chambre et qui doit s'occuper seul de son fils Anthony, handicapé par la polio, et la famille Barton qui a récemment repris la boucherie. Jonathan Barton, grand séducteur au passé inquiétant et mystérieux, s'est installé avec sa jolie femme Fiona et leur fille Amanda qui va rapidement sympathiser avec Paul et Anthony. Et puis il y a Madame Goodrich, la vipère du quartier, qui aime tant colporter les petits ragots....  
 
C'est une belle découverte que ce roman qui me permet enfin d'afficher de nouveau un petit coup de cœur. Je n'ai pas lu les précédents livres de cet auteur à l'humour très "british" mais j'en ai désormais très envie! J'ai d'abord beaucoup aimé la description des personnages qui sont présentés avec tous leurs travers et sans concessions mais aussi de manière très touchante. On éprouve en les découvrant à peu près toute la gamme je pense des émotions ou des sentiments. Et pour certains, en tous cas en ce qui me concerne, la façon de les considérer va beaucoup changer en cours de route... Et puis j'ai aussi apprécié l'ambiance de ce quartier des années 50 dans lequel toute l'histoire se déroule en huis-clos, juste avant que la vie de ces petits commerçants ne soient bouleversée par l'arrivée des années soixante et des grands magasins. L'histoire a certes des cotés sombres car la vie n'épargne pas certains d'entre eux (notamment le petit Anthony) mais il y aussi beaucoup d'humour et sans trop en révéler une fin plutôt optimiste!!! Enfin la narration est très originale puisque, si les personnages prennent la parole pour nous livrer leur point de vue les uns après les autres, on passe ici de l'un à l'autre sans transition le plus souvent a l'occasion d'une rencontre ou d'un dialogue entre eux par exemple...
Bref je suis enchantée par cette lecture et je ne peux qu'espérer  que mes lectures du mois de juin resteront dans la même veine!!!       

samedi 25 mai 2013

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers. Bjorn Larsson (éditions Grasset, 491 pages)


Six Février, Port d'Helsingborg, Suède. Karl Petersén, directeur littéraire de la vénérable maison d'édition Arnefors et Fils, est avant tout un amoureux de littérature, sourd aux sirènes du profit. C'est pourquoi il édite à perte les œuvres de Jan Y Nilsson, considéré comme l'un des plus grands poètes suédois contemporains. Convaincu de son talent de conteur d'histoires, il a toutefois réussi à persuader ce dernier, non sans difficultés, de se mettre à la rédaction d'un polar dont il espère faire un best-seller. Après avoir réussi à vendre les droits à plusieurs éditeurs européens il n'a plus qu'à faire signer un juteux contrat à l'auteur et à s'assurer que celui-ci mette la touche finale au roman qui n'attend plus que son dénouement. Malheureusement lorsqu'il lui rend visite à Helsingborg il le trouve pendu à bord de son bateau,  le Mademoiselle Ti. Barck, inspecteur de la police maritime et poète à ses heures perdues, se voit confier l'enquête. Dès son arrivée à bord cet ancien de la criminelle n'est pas dupe: il s'agit bien d'une scène de crime, le poète a été assassiné....
 
Après quelques thrillers abandonnés, je désespérais de me remettre avec plaisir aux romans policiers. C'est chose faite! J'ai vraiment beaucoup aimé ce polar nordique. Les ingrédients pour me plaire y étaient réunis: un inspecteur attachant, l'action qui se passe dans le milieu littéraire, le suspense psychologique et l'ambiance nordique... Le petit clin d'œil de Barck à son collègue de la police d'Ystad, le commissaire Wallander, m'a beaucoup plu! Un autre petit plus: les vers attribués dans ce polar à Jan Y sont en fait l'œuvre du poète breton Yvon Le Men, ce qui m'a permis de le découvrir....

lundi 29 avril 2013

L'atelier des miracles. Valérie Tong Cuong (éditions JCLattès, 266 pages)

Trois personnages en pleine crise. Millie, secrétaire intérimaire, se défenestre pour échapper aux flammes qui ravagent son appartement. Monsieur Mike, déserteur de l'armée devenu SDF, se fait rouer de coups dans la rue et  termine au bloc opératoire. Mariette prof d'histoire géographie en plein "burn-out",  finit à bout de nerfs, par gifler le meneur de la classe qui lui rend la vie impossible depuis des mois. En se réveillant de leur cauchemar tous trois vont trouver sur leur route une main tendue pour les aider à se remettre en selle, celle de Jean, président d'une association caritative appelée "l'Atelier".
 
 
C'est bien d'attendre quelques jours avant de livrer ses impressions sur une lecture parfois. J'ai terminé ce livre, choisi par hasard, plutôt contente de ma lecture même si l'histoire n'a pas pris la tournure que j'imaginais. Et quelques jours plus tard je me rends compte qu'il ne laissera probablement que très peu de traces dans mes souvenirs... pourtant j'ai apprécié le style de l'auteur mais je crois que je n'ai pas trouvé assez de consistance aux personnages et à leur histoire pour qu'ils marquent durablement mon esprit.......

mardi 23 avril 2013

Underground. Haruki Murakami (éditions Belfond, 580 pages)

Tokyo. Lundi 20 mars 1995. Aux premières heures du jour, à l'heure de pointe, des adeptes de la secte de Aum empruntent différentes lignes du métro de Tokyo avec une mission qui leur a été confiée par leur gourou. Ils emportent avec eux des poches contenant un liquide incolore à l'odeur particulière: du sarin. A l'arrêt aux stations ils vont les percer avec l'extrémité de leur parapluie avant de descendre des trains, laissant se diffuser dans les rames bondées de voyageurs le gaz toxique. L'année suivante, après l'arrestation des protagonistes, Haruki Murakami décide de retrouver et d' interviewer des voyageurs qui ont été intoxiqués par le gaz et qui s'en sont sortis, avec plus ou moins de séquelles, tant physiques que psychologiques.    

Vous l'aurez compris, ce livre de Murakami n'est pas un roman mais plutôt un "documentaire" sur les attentats au gaz sarin perpétrés dans le métro de Tokyo en 1995. Je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque et comme j'avais vraiment beaucoup aimé " Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" je me suis dit pourquoi pas? Le livre comporte en fait deux parties. La première, "Underground" donne la parole aux victimes, enfin à celles qui ont accepté de revenir sur cet épisode douloureux. Après une brève présentation par l'auteur celui-ci se tait et laisse les personnes raconter les circonstances qui les ont amenées à être au mauvais endroit au mauvais moment (toutes se rendaient à leur travail), ce qu'ils ont vu et compris de ce qui se passait au moment de l'attaque et comment s'est déroulé la suite de leur journée puis de leur vie les semaines qui ont suivi. Ils décrivent tous à des degrés divers les signes d'intoxication au gaz et surtout le chaos qui a suivi les attaques et  l'absence complète de réaction des autorités publiques pour leur porter secours. Chaque chapitre est le récit d'une victime et même si, après en avoir lu quelques uns, on ne peut s'empêcher de penser que c'est un peu toujours la même chose, on a envie de poursuivre la lecture  et de découvrir le récit de chacun d'entre eux. La seconde partie, "Le lieu promis", m'a un peu moins plu. Murakami interroge là des adeptes ou anciens adeptes de la secte qui n'ont pas été impliqués dans les attentats. Il tente de comprendre ce qui les amené a y adhérer, ce qui les a amené à y rester, tout en étant capable pour certains d'entre eux d'en critiquer certains aspects, et enfin comment ils ont réagi après l'arrestation et l'inculpation de leur gourou et des adeptes impliqués. J'ai trouvé cette partie plus difficile à lire et à comprendre même si l'auteur tente parfois d'éclairer le discours des intéressés par ses questions. Le fait aussi que les protagonistes de l'affaire , tous emprisonnés et pour certains condamnés à mort, n'aient pas été interrogés directement enlève je trouve pas mal d'intérêt à cette deuxième partie. Je pense toutefois que ce livre m'a beaucoup appris sur le Japon et ses habitants d'une part et sur la façon dont on se relève d'un tel traumatisme d'autre part. Je ne peux donc que vous le recommander et je vais tenter pour ma part de me replonger dans 1Q84 que j'avais débuté en anglais il y a plusieurs mois....       

lundi 8 avril 2013

Avec le diable. James Keene, Hillel Levin (éditions Points, 296 pages)

                                                 
1990. Prison de Springfield, quartier de Haute sécurité. Jimmy Keene, arrêté et incarcéré pour trafic de drogues, découvre l'univers carcéral et se morfond à l'idée de devoir passer dix ans derrière les barreaux. C'est alors que le FBI et le procureur qui l'a condamné lui proposent un marché. En échange d'une libération anticipée ils lui demandent de soutirer des aveux à Larry Hall. Ce dernier est enfermé à Springfield dans un établissement pénitentiaire avec unité spécialisée dans la prise en charge des détenus psychiatriques. Il a été condamné pour un seul meurtre mais il est soupçonné d'être un tueur en série. Le FBI recommande a Keene d'attendre plusieurs mois, par prudence, avant d'aborder Hall mais il le repère dès son arrivée a Springfield et le percute accidentellement en essayant de le suivre à la cafétéria. Les liens vont donc se nouer entre eux beaucoup plus vite que prévu....  

J'avais envie d'un polar... La couverture argentée et le logo "sélection 2013 pour le prix du meilleur polar"  ont attiré mon regard dans le capharnaüm qu'est la boutique de livres d'occasion ou je me suis procuré ce livre. Il a été vite lu, à l'occasion d'un voyage en train, et même si l'histoire tenu en haleine jusqu'au dénouement final j'ai été un peu contrariée par la forme. J'avais bien noté qu'il s'agissait d'une histoire vraie mais je ne m'attendais pas à la façon dont elle est racontée. J'ai vraiment eu l'impression de lire un documentaire sur l'univers carcéral aux USA et les tueurs en série. Les faits sont racontés de manière un peu "journalistique" que je n'ai pas aimé, moi qui avait été accrochée par la référence au silence des agneaux de la couverture. Les droits d'adaptation pour le cinéma ont été achetés  nous dit-on et pour le coup je pense que la version film sera sans doute plus intéressante que le livre....