jeudi 4 juillet 2013

La sanction. Trevanian (éditions Gallmeister, 335 pages)

Montréal, Long Island, Eiger. 1969.
Le professeur Jonathan Hemlock est professeur d'art a l'université mais cette profession ne lui rapporte pas suffisamment pour assouvir la première de ses passions: la collection de tableaux de maîtres volés. Il se voit ainsi régulièrement contraint d'accepter les missions que lui confient les services secrets, celles-ci consistant a exécuter des "cibles" , désignées comme telles pour avoir elles même abattu un membre de l'organisation. C'est donc pour ajouter un Pissaro à sa collection que Jonathan va être confronté à une affaire un peu plus délicate que les autres. Il doit "sanctionner" l'assassin de l'agent Wormwood mais pour une fois celui-ci n'est pas clairement identifié. On sait seulement qu'il s'agit d'un des trois hommes qui se préparent à une tentative d'ascension de la face nord de l' Eiger, montagne suisse mythique qui a déjà conduit à la mort bien des alpinistes. L'alpinisme étant la seconde passion de Jonathan, qui détient déjà quelques beaux sommets à son palmarès, c'est l'homme rêvé pour se joindre à l'expédition et mener à bien la mission.  
 
Je ne suis ni une passionnée de romans d'espionnage ni une passionnée d'alpinisme et pourtant ce roman m'a énormément plu.... Je me suis très vite attachée au héros, qui ne m'a pas paru aussi amoral qu'on veut bien essayer de nous le présenter, et j'ai bien adhéré à l'intrigue. Le suspens, comme il se doit, atteint son apogée durant les cinquante dernières pages, consacrées à l'ascension proprement dite. J'ai particulièrement aimé cette partie décrivant, je pense avec beaucoup de réalisme, l'enfer que peut devenir la haute montagne quand les conditions climatiques se dégradent. Tout le bien qu'on m'a dit de cet auteur se voit donc confirmé et, qui sait, je me laisserai peut-être tentée un jour prochain par un autre de ses romans d'autant qu'au moins l'un d'entre eux semble remettre en scène le professeur Hemlock!       

samedi 29 juin 2013

Un bûcher sous la neige. Susan Fletcher (éditions PLON, 390 pages)





 
Mai 1692, Highlands, Écosse. Corrag, accusée de sorcellerie, attends le bûcher, enchaînée dans une geôle. Chaque jour, elle reçoit la visite du révérend Charles Leslie venu d'Irlande espionner pour le compte du roi Jacques, contraint à l'exil en 1689 et remplacé sur le trône par Guillaume d'Orange. Leslie veut connaître la vérité sur le massacre de Glencoe lors duquel les partisans de Guillaume ont assassiné le clan des Mac Donald et dont Corrag a été témoin. La jeune femme va lui faire le récit de sa vie, d'abord en Angleterre auprès de sa mère,  puis, après un long voyage vers le Nord ouest, dans le glen, terre des Highlanders devenus ses protecteurs. Petit à petit Leslie va voir ses sentiments se modifier au fur et à mesure du récit de cette jeune femme attachante et courageuse. 
 
C'est souvent comme ça quand les attentes sont trop grandes vis à vis d'un livre, on en sort un tout petit peu déçue. C'est sans doute la raison pour laquelle je ne me décide pas à lui décerner un coup de cœur... Pourtant l'histoire est fort bien racontée et l'auteur a réussi à m'emmener au cœur des terres écossaises à la nature inhospitalière et à me faire voyager dans le temps. Je me suis attachée a Corrag, à son coté proche de la nature surtout. Mais même si elle arrive à apprécier les petites choses toutes simples du quotidien, le récit  de sa vie reste si dur et au fond si triste que je ne n'ai pas été mécontente d'arriver au terme       de    l' histoire. Il n'en reste pas moins que si vous vous sentez d'humeur a voyager dans  les contrées hostiles du Nord je vous recommande chaudement la lecture ce de livre!!! 

mercredi 5 juin 2013

England's Lane. Joseph Connoly (éditions Flammarion, 417 pages)




Londres, 1959, England's Lane. C'est ainsi que s'appelle la petite rue commerçante ou vivent Milly et son mari, Jim, qui a repris la quincaillerie de ses parents. On se demande un peu pourquoi elle l'a épousée, au cours d'une courte permission pendant la dernière guerre... en tous cas on ne peut pas dire qu'ils sont heureux en ménage. Après le décès tragique de ses parents dans un accident de voiture, ils ont recueilli Paul le neveu de Milly, âgé de dix ans. C'est ce petit garçon qui fait son bonheur, elle qui aurait tant aimé avoir des enfants. Dans England's Lane vivent aussi Stan le confiseur, dont la femme reste cloîtrée dans sa chambre et qui doit s'occuper seul de son fils Anthony, handicapé par la polio, et la famille Barton qui a récemment repris la boucherie. Jonathan Barton, grand séducteur au passé inquiétant et mystérieux, s'est installé avec sa jolie femme Fiona et leur fille Amanda qui va rapidement sympathiser avec Paul et Anthony. Et puis il y a Madame Goodrich, la vipère du quartier, qui aime tant colporter les petits ragots....  
 
C'est une belle découverte que ce roman qui me permet enfin d'afficher de nouveau un petit coup de cœur. Je n'ai pas lu les précédents livres de cet auteur à l'humour très "british" mais j'en ai désormais très envie! J'ai d'abord beaucoup aimé la description des personnages qui sont présentés avec tous leurs travers et sans concessions mais aussi de manière très touchante. On éprouve en les découvrant à peu près toute la gamme je pense des émotions ou des sentiments. Et pour certains, en tous cas en ce qui me concerne, la façon de les considérer va beaucoup changer en cours de route... Et puis j'ai aussi apprécié l'ambiance de ce quartier des années 50 dans lequel toute l'histoire se déroule en huis-clos, juste avant que la vie de ces petits commerçants ne soient bouleversée par l'arrivée des années soixante et des grands magasins. L'histoire a certes des cotés sombres car la vie n'épargne pas certains d'entre eux (notamment le petit Anthony) mais il y aussi beaucoup d'humour et sans trop en révéler une fin plutôt optimiste!!! Enfin la narration est très originale puisque, si les personnages prennent la parole pour nous livrer leur point de vue les uns après les autres, on passe ici de l'un à l'autre sans transition le plus souvent a l'occasion d'une rencontre ou d'un dialogue entre eux par exemple...
Bref je suis enchantée par cette lecture et je ne peux qu'espérer  que mes lectures du mois de juin resteront dans la même veine!!!       

samedi 25 mai 2013

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers. Bjorn Larsson (éditions Grasset, 491 pages)


Six Février, Port d'Helsingborg, Suède. Karl Petersén, directeur littéraire de la vénérable maison d'édition Arnefors et Fils, est avant tout un amoureux de littérature, sourd aux sirènes du profit. C'est pourquoi il édite à perte les œuvres de Jan Y Nilsson, considéré comme l'un des plus grands poètes suédois contemporains. Convaincu de son talent de conteur d'histoires, il a toutefois réussi à persuader ce dernier, non sans difficultés, de se mettre à la rédaction d'un polar dont il espère faire un best-seller. Après avoir réussi à vendre les droits à plusieurs éditeurs européens il n'a plus qu'à faire signer un juteux contrat à l'auteur et à s'assurer que celui-ci mette la touche finale au roman qui n'attend plus que son dénouement. Malheureusement lorsqu'il lui rend visite à Helsingborg il le trouve pendu à bord de son bateau,  le Mademoiselle Ti. Barck, inspecteur de la police maritime et poète à ses heures perdues, se voit confier l'enquête. Dès son arrivée à bord cet ancien de la criminelle n'est pas dupe: il s'agit bien d'une scène de crime, le poète a été assassiné....
 
Après quelques thrillers abandonnés, je désespérais de me remettre avec plaisir aux romans policiers. C'est chose faite! J'ai vraiment beaucoup aimé ce polar nordique. Les ingrédients pour me plaire y étaient réunis: un inspecteur attachant, l'action qui se passe dans le milieu littéraire, le suspense psychologique et l'ambiance nordique... Le petit clin d'œil de Barck à son collègue de la police d'Ystad, le commissaire Wallander, m'a beaucoup plu! Un autre petit plus: les vers attribués dans ce polar à Jan Y sont en fait l'œuvre du poète breton Yvon Le Men, ce qui m'a permis de le découvrir....

lundi 29 avril 2013

L'atelier des miracles. Valérie Tong Cuong (éditions JCLattès, 266 pages)

Trois personnages en pleine crise. Millie, secrétaire intérimaire, se défenestre pour échapper aux flammes qui ravagent son appartement. Monsieur Mike, déserteur de l'armée devenu SDF, se fait rouer de coups dans la rue et  termine au bloc opératoire. Mariette prof d'histoire géographie en plein "burn-out",  finit à bout de nerfs, par gifler le meneur de la classe qui lui rend la vie impossible depuis des mois. En se réveillant de leur cauchemar tous trois vont trouver sur leur route une main tendue pour les aider à se remettre en selle, celle de Jean, président d'une association caritative appelée "l'Atelier".
 
 
C'est bien d'attendre quelques jours avant de livrer ses impressions sur une lecture parfois. J'ai terminé ce livre, choisi par hasard, plutôt contente de ma lecture même si l'histoire n'a pas pris la tournure que j'imaginais. Et quelques jours plus tard je me rends compte qu'il ne laissera probablement que très peu de traces dans mes souvenirs... pourtant j'ai apprécié le style de l'auteur mais je crois que je n'ai pas trouvé assez de consistance aux personnages et à leur histoire pour qu'ils marquent durablement mon esprit.......