samedi 4 janvier 2014

Le soleil sous la soie. Eric Marchal (éditions Anne Carrière, 621 pages)

Janvier 1694-Mars 1729, Nancy, Duché de Lorraine.
En cette fin de 17ème siècle , alors que la Lorraine est encore occupée par les français, Nicolas Deruet, chirurgien ambulant, est de retour à Nancy chez son maître d'apprentissage François Delvaux. 
Mais quelques mois après qu'il ait repris les consultations auprès de celui que l'on nomme le Hérisson blanc, il est appelé au chevet de l'homme le plus puissant du duché, le gouverneur de Lorraine, nommé par louis XIV. Malheureusement l'intervention qu'il pratique pour traiter ses lithiases tourne mal et, sur l'initiative de Courlot, médecin personnel du gouverneur humilié qu'on lui ait préféré le chirurgien, il est emprisonné puis contraint à l'exil. Engagé dans l'armée, en guerre contre l'empire ottoman, il va pratiquer la chirurgie de guerre pendant plusieurs années dans les steppes hongroises avant de revenir à Nancy exercer à l'hôpital Saint Charles et retrouver les deux femmes qu'il y a laissé, Rosa, marquise de Cornelli  et Marianne Pajot accoucheuse de son état.

Le soleil sous la soie est tout à la fois un roman d'aventures et un roman historique que je rapproche un peu des piliers de la terre de Ken Follet. Cependant, pour ma part, ce dernier m'était tombé des mains au moment de la mort brutale du héros, bien avant la fin du livre, alors que j'ai dévoré celui-ci jusqu'au bout. Il vous fera voyager dans le temps et l'espace, vous transportant de la Lorraine occupée aux steppes de Hongrie et vous fera approcher de près la vie quotidienne de l'époque chez les puissants comme au sein du peuple. Il permet aussi de découvrir une partie de l'histoire de la Lorraine, que j'ignorais complètement, au temps du Roi Soleil. Mais le roman permet surtout de découvrir les débuts de la chirurgie de manière très réaliste puisque, pour relater les interventions pratiquées, l'auteur s'est inspiré des archives de l'académie royale de chirurgie. Inutile de dire qu'a l'époque ou les seuls anesthésiques en vigueur étaient le laudanum, dérivé de l'opium, et l'alcool, il fallait un certain courage pour accepter de passer sous le scalpel du chirurgien!!! Quant à la médecine n'en parlons pas, la saignée résumait à peu près tout ce que l'on proposait au pauvre patient...Pour ma part j'ai trouvé que c'était la partie la plus réussie du roman. Les personnages ont chacun des personnalités attachantes mais si je devais trouver un point négatif à ce roman je le situerai dans la personnalité du héros principal, Nicolas Deruet. Je l'ai trouvé bien trop parfait et trop lisse a mon goût mais cela  n'a pas été suffisant pour gâcher ma lecture et je ne peux que vous la conseiller. Je remercie Joëlle si elle passe par là, elle qui m'a parlé de ce livre il y a bien longtemps (sa chronique içi) ayant perçu qu'il me plairait certainement. A l'avenir j'essaierai de ne plus tarder autant à suivre tes bons conseils ;)  

samedi 21 décembre 2013

Soufi, mon amour. Elif Shafak (éditions Phébus,399 pages)


Mai 2008, Northampton, Massachusetts.
Ella Rubinstein, à l'aube de ses quarante ans, est une femme au foyer américaine dévouée à sa famille. Depuis vingt ans, elle se sacrifie au bien être de David, son mari, fermant les yeux sur ses multiples infidélités, et de leurs trois enfants Jeannette, Orly et Avi. Ces derniers devenus grands, elle décide de franchir le pas et de  reprendre une activité professionnelle. Grâce à David, elle décroche  un emploi de lectrice pour une fameuse agence littéraire de Boston. Le premier manuscrit qu'on lui envoie se nomme "Doux blasphème" et a pour auteur un certain Aziz Z. Zahara. Le roman retrace l'histoire de Rumi, célèbre poète persan du treizième siècle, et de sa rencontre avec Shams de Tabriz, derviche musulman. La lecture va bouleverser la vie d'Ella, telle "une pierre soudain jetée dans le lac tranquille de sa vie", et une correspondance va débuter entre la lectrice et l'auteur.
 
J'avais un peu peur de me lancer dans ce roman mais les bonnes critiques entendues ça et là m'ont finalement décidé à m'en emparer sur les rayonnages de la médiathèque. Mes craintes n'étaient pas fondées car ce fut une lecture plutôt facile et assez captivante. Par l'entremise d'Ella, on découvre l'histoire de Shams de Tabriz et de Rumi et les fondements du soufisme. "Doux blasphème" est constitué de courts chapitres le plus souvent, donnant tour à tour la parole à de nombreux personnages, dont le récit nous transporte au treizième siècle en perse, dans la petite ville de Konya ou vit Rumi. L'arrivée de Shams, derviche errant, va bouleverser la vie de cet homme respecté et dont les sermons à la mosquée de la ville attirent les foules, ruiner sa réputation mais aussi lui permettre de devenir le grand poète qui restera dans l'Histoire. Au fil du récit ce sont les bases du soufisme qui nous sont racontées d'une manière tout à fait abordable. Parallèlement, la correspondance que va débuter Ella avec Aziz va de la même façon lui faire découvrir d'autres horizons et la conduire en quelques mois à tout remettre en cause dans sa vie bien réglée.   

lundi 16 décembre 2013

Immortelle randonnée. Compostelle malgré moi. Jean-Christophe Rufin (éditions Guérin Chamonix, 259 pages)

Jean- Christophe Rufin, médecin, romancier, diplomate, nous fait ici le récit de son expérience du chemin de Compostelle. 
Celui qui ne souhaitait au départ qu'une longue marche solitaire nous raconte comment il s'est fait "happé par le chemin". Il a parcouru le chemin du nord, "le Norte", au départ d'Hendaye, moins fréquenté que le Camino Frances, et qui, après 800 kms, l'a mené à Compostelle. Il nous raconte le quotidien du marcheur, ses motivations, la lente transformation qui s'opère chez le pèlerin et les rencontres du chemin....
 
Encore un livre pour les marcheurs... mais pas seulement. JC Rufin, membre de l'académie française et prix Goncourt est un auteur que j'apprécie et ceci ajouté au thème du dit livre je ne pouvais y résister... Je me suis donc jetée dessus dès qu'il a été disponible à la médiathèque. Même si ce n'est pas à proprement parler un coup de cœur j'ai, une fois plus, passé un bon moment de lecture. Il y a bien quelques longueurs dans certaines descriptions mais, après tout, elle reflète certainement les longueurs  que l'on peut ressentir parfois sur les chemins de randonnée... J'ai apprécié l'humour avec lequel sont décrit les caractéristiques des différents "types" de pèlerin, leurs traits communs et certaines de leurs motivations. Par ailleurs, autant que je puisse en juger n'ayant pas encore pu moi même vivre cette expérience qui pourtant me tente assez, je pense que le chemin en lui-même est décrit de manière très réaliste, notamment certaines de ses portions, industrialisées au possible, qui refroidissent un peu mes ardeurs. Comme beaucoup d'autres ayant tenté l'aventure l'auteur décrit bien la transformation intérieure qui se produit chez le marcheur, quelques soient ses motivations initiales. J'ai quand même été un peu déçue qu'il reconnaisse que cette nouvelle façon d'appréhender la vie  s'estompait bien vite lors du retour à la civilisation, moi qui m'imaginait que le chemin vous transformait de façon irrémédiable. J'ai hâte en tous cas de connaître l'avis après lecture de mes deux pèlerines préférées qui ont parcouru ce même chemin il n'y a pas si longtemps!    

samedi 23 novembre 2013

Le fils. Michel Rostain (éditions Pocket, 151 pages)


En 2010 Michel Rostain parvient à raconter la perte de son fils unique décédé en 2003 d'un purpura fulminans, forme foudroyante de méningite. Il le fait d'une manière particulière prêtant sa voix à son fils qui devient lui-même narrateur, observateur de ce père  en deuil.
Je choisis cette fois de laisser l'auteur parler du récit  de cet évènement terrible et intime. Je n'ai malheureusement pas réussi à retrouver son passage dans la grande librairie de Février 2011. Je vous propose donc une interview  dans la matinale d'Europe 1 au lendemain de l'obtention du Goncourt de premier roman.
 
 
 

mardi 19 novembre 2013

Glacé. Bernard Minier (éditions XO, 553 pages)

Décembre 2008, Saint-Martin-De-Comminges, Pyrénées.
Alors qu'ils montent en téléphérique à la centrale hydroélectrique d'Arruns, les cinq ouvriers chargés de la maintenance de l'usine ont une mauvaise surprise. A deux mille mètres d'altitude le cadavre d'un cheval décapité les y attend, pendu à la falaise. Le Yearling n'appartient pas à n'importe qui mais au propriétaire de la centrale, Éric Lombard, enfant du pays et héritier d'une dynastie de financiers, de capitaines d'industrie et d'entrepreneurs aujourd'hui milliardaire. La procureur Cathy d'Humières sait que l'enquête sera suivie en haut lieux et décide de la confier au commandant Martin Servaz, flic toulousain qui bénéficie de son estime. D'abord interloqué d'être sollicité pour une affaire de ce genre et par les moyens mis en œuvre, Servaz va vite pressentir que tout cela n'est qu'un début et que les choses ne vont malheureusement pas s'arrêter là. Les yeux ne manquent pas de se tourner vers l'Institut Wargnier, asile psychiatrique d'un tout nouveau genre situé dans la vallée, ou sont enfermés quatre vint huit patients particulièrement dangereux provenant d'institutions pénales ou d'établissements psychiatriques de toute l'Europe. C'est d'ailleurs ce même jour que Diane Berg, jeune psychologue suisse, y prend ses nouvelles fonctions et l'accueil n' y est pas des plus chaleureux... 
 
Aux amateurs de thrillers je ne peux que conseiller ce premier roman qui a d'ailleurs été récompensé en 2011 au festival de Cognac par le prix polar. Je ne suis moi même pas une spécialiste ni même une véritable amatrice et il m'est arrivé à plusieurs reprises d'abandonner des lectures en cours trop éprouvantes pour mon âme sensible (notamment celle pas si lointaine de "Un sur deux" de Mosby pourtant d'une grande qualité mais que je ne pouvais supporter...). Içi, même si de nombreux passages sont notablement angoissants et les scènes de crimes pas ragoûtantes, j'ai trouvé l'histoire particulièrement addictive et malgré  l'angoisse, en serrant les dents et en me cramponnant à mon bouquin, j'ai pu poursuivre ma lecture. On s'attache assez vite aux personnages, notamment bien sur à celui du commandant Servaz et à la fin de ce premier opus je suis tout à fait partante pour le suivre dans de nouvelles aventures.... Quant à l'intrigue rien à en dire, j'ai soupçonné tout au long de l'histoire bien des tueurs possibles mais jamais le coupable véritable....    

mercredi 23 octobre 2013

Promenons-nous dans les bois. Bill Bryson (éditions Payot, 347 pages)


Le sentier des Appalaches (Appalachian Trail) sillonne la cote Est des Etats Unis sur plus de 3400 km, traversant huit états de la Géorgie au Maine. C'est après son installation en famille dans le New Hampshire que Bill Bryson découvre le sentier et décide de se mettre à la randonnée pour partir l'explorer. Un peu frileux à l'idée de rencontrer le fameux ours noir il éprouve un vif soulagement quand Stephen Katz, vieil ami de jeunesse et alcoolique repenti, se propose pour l'accompagner. Mais ni l'un ni l'autre n'ont jamais randonné..... Il s'en suit des aventures et des rencontres parfois émouvantes, parfois effrayantes et parfois hilarantes que Bill nous fait partager dans ce récit.
 
 
On m'a prêté ce livre avant tout parce que j'aime la randonnée et franchement si c'est votre cas je vous le conseille si vous vous voulez passer un bon moment. J'ai trouvé quelques longueurs, notamment dans les passages ou l'auteur raconte l'histoire du sentier, mais il y en a, n'est-ce pas, des longueurs parfois quand on randonne... C'est surtout, je trouve, un bel hommage à la marche à pied et une belle description des émotions et des sensations qu'elle peut faire ressentir, qu'elles soient positives ou négatives. J'ai aussi beaucoup ri (ce qui n'est pas si fréquent lors de mes lectures) le summum étant atteint lorsque Katz se fait une copine  a la laverie et l'invite  a dîner, celle-ci ayant omis bien sur de lui préciser qu'elle était mariée. Je ne vous en dis pas plus mais c'est à se tordre de rire! La rencontre nocturne tant redoutée par Bill avec le "soi-disant" ours, survenant après de longues semaines tranquilles qui lui ont fait relâcher sa vigilance, n'est pas mal non plus! Bon j'admets que même si il est trop mignon sur la couverture je ne serais pas fière non plus, seule sous une tente, si j'étais réveillée en pleine nuit par son grognement....J'ai aussi été touchée par l'histoire d'amitié entre Bill et Katz car ils s'en font quand même voir de toutes les couleurs mais restent malgré tout super solidaires et pour ce qui est de Bill super calme.... (Katz ayant par exemple la fâcheuse habitude de balancer les provisions de son sac à dos le premier jour des tronçons en autonomie complète pour se délester un peu...) Bref, de l'épopée au magasin de sport pour s'équiper, aux premières journées de marche au combien éprouvantes, en passant par les nuits en refuges parfois épiques ou les rencontres déconcertantes avec les autres marcheurs, vous ne vous ennuierez pas... Par contre, si vous n'êtes pas randonneur, je ne suis pas sur que ce récit saura vous convaincre de partir sur les chemins.... 
"s'il y a une chose que vous apprend le sentier des Appalaches, c'est bien la valeur des bonheurs modestes - et cela manque cruellement dans notre vie de tous les jours"
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 

mardi 8 octobre 2013

Un long dimanche de fiançailles. Sébastien Japrisot (éditions Denoel, 367 pages)


 
 

Janvier 1917, Picardie. Cinq soldats français, condamnés pour s'être auto mutilés afin d'échapper au combat, sont livrés à la mort dans le no man's land qui séparent deux tranchées ennemies. Ils vont se terrer dans la neige pour tenter de survivre. Le plus jeune d'entre eux, Manech, vingt ans, a déjà perdu la raison et s'emploie a fabriquer un bonhomme de neige en attendant l'issue fatale. La guerre terminée, Mathilde sa fiancée n'est pas prête a accepter le sort atroce qui lui a été réservé et garde l'espoir qu'il s'en soit sorti. Pendant sept ans elle va se battre pour faire émerger la vérité.  
 
 
 
 
La question est: comment ai-je pu passer à coté de cet auteur pendant toutes ces années ??? Je me souvenais avoir apprécié le film mais ni plus ni moins qu'un autre. Du roman je crois bien que j'ai tout aimé!!! D'abord l'écriture que j'ai trouvé très fluide et qui m'a transportée auprès des personnages dans les tranchées ou aux cotés de Mathilde. Ensuite les personnages qui m'ont parus très réels et attachants pour la plupart. L'histoire d'amour enfin qui a su me toucher et m'émouvoir même si je suis pas très fleur bleue d'habitude. Et puis le suspens de l'enquête menée par Mathilde a couronné le tout puisque, le visionnage du film étant un peu lointain, je n'étais plus bien sure du dénouement.... Bref je crois que vous avez compris: LISEZ-LE!!! ou relisez-le... Et ne vous laissez pas rebuter par l'atrocité de la première guerre mondiale, la qualité de l'écriture je trouve, rend la lecture plus facile. Inutile de dire que, même si je ne connais pas les thèmes abordés dans les autres romans de l'auteur, je ne vais pas laisser je pense beaucoup de temps passer avant de les découvrir. J'ai très envie de comparer aussi avec un livre de la rentrée littéraire qui traite de la même époque et dont j'entends dire beaucoup de bien "Au revoir là-haut".       
 


jeudi 26 septembre 2013

Un avion sans elle. Michel Bussi (éditions Pocket, 573 pages)


1998, Paris. Émilie Vitral a tout juste dix-huit ans ... et des problèmes d'identité. Alors qu'elle était âgée de quelques mois seulement elle a survécu au crash de l'appareil qui la ramenais de Turquie avec ses parents. Malheureusement il y avais deux nourrissons dans l'avion et la véritable identité d' Émilie n'a jamais pu être prouvée de manière formelle. La justice a rapidement tranché mais deux familles, les Vitral et les De Carville, se livrent depuis une bataille sans fin. Crédule Grand Duc, détective privé engagé par les De Carville après le jugement, malgré tous ses efforts, n'a jamais pu éclaircir le mystère. Son contrat arrivant a expiration aux dix huit ans d'Émilie, ravagé par son échec, il s'apprête a se suicider après avoir rédigé le journal qui raconte toutes ces années d'enquête. Au moment de commettre le geste fatal, l'indice ultime lui saute aux yeux lui révélant la vérité. Il a tout juste le temps d'envoyer ce carnet de notes à Émilie avant de mourir.... assassiné.....  
 
J'avais entendu de nombreux avis positifs sur ce roman (notamment au club lecture et sur les déblogueurs) et c'est ce qui m'a conduit à le prendre en poche comme compagnon sur la route des vacances. Bien m'en a pris et je ne vais pas être bien originale et me joindre au concert de louanges. Pour ma part c'est je crois la façon dont l'intrigue est construite qui m'a le plus séduite. Tout se tient et même si au cours de la lecture j'ai eu le pressentiment du dénouement cela n'a en rien affecté l'intérêt de la lecture. Les chapitres alternent entre le journal de Crédule grand duc et l'enquête menée par Marc Vitral, frère d'Émilie, parti a la recherche de sa sœur après quelle se soit enfuie. Les pages se tournent rapidement et le livre est dévoré en quelques heures! Je découvre tout juste "Nymphéas noirs", autre roman de l'auteur sorti récemment en poche, dont on dit qu'il est encore meilleur....je n'hésiterai pas lorsque la prochaine envie de polar se fera sentir!!!  

D'autres avis: Valérie, Nymou

 

lundi 26 août 2013

Qui? Jacques Expert (éditions Sonatine, 319 pages)

 
  1. 2013, Carpentras. Quatre hommes s'apprêtent ce soir à regarder avec leur épouse "Affaires non résolues" à la télévision. L'émission revient sur le meurtre en 1994 de Laetitia, alors âgée d'une dizaine d'année, retrouvée violée et tuée à proximité des grands chênes, la cité pavillonnaire ou elle vivait avec ses parents. Éric Bidault, Antoine Vasseur, Hervé Lemoual et Simon Doussaint ont tous été suspectés et interrogés à l'époque mais l'assassin n'a jamais été démasqué et le crime sera bientôt prescrit. Pour le commissaire Bouvard, chargé de l'affaire, le temps presse.... Désormais il a l'épouse du tueur, convaincue de sa culpabilité,  à ses cotés et compte bien profiter de cette remise en lumière de l'affaire pour le faire avouer....   
Enfin un second livre qui a réussi à me captiver en ce mois d'août et ce n'est pas une mince affaire. Le scénario m'avait attiré lorsque j'en avait entendu parler au club lecture avant l'été et effectivement je trouve l'idée tout à fait originale pour un policier. L'histoire se déroule pendant la soirée de diffusion de l'émission que l'on suit tour à tour selon le point de vue des différents protagonistes dont fait partie l'assassin. L'auteur sait admirablement tout embrouiller et jusqu'à la révélation finale il est impossible de deviner qui est l'auteur du crime (enfin moi je n'en est pas été capable). C'est typiquement un livre qu'il me plairait bien de relire en connaissant la chute pour mieux analyser le travail de l'auteur mais le temps manque.... En tous cas je vous le conseille fortement, je pense que si vous êtes adeptes du genre vous ne pourrez être que conquis! 

mercredi 21 août 2013

Le grand coeur. Jean-Christophe Rufin (éditions Gallimard, 498 pages)


Royaume de France, 16eme siècle. A cinquante six ans Jacques Cœur a fui la France pour échapper aux assassins qui le poursuivent, mandatés par le roi Charles VII. Réfugié sur une île grecque et sentant la mort proche il décide de conter son histoire et d'abord son enfance et sa jeunesse à Bourges. Attiré dès le plus jeune âge par l'aventure et l'inconnu il effectue son premier voyage en Orient à vingt ans et y découvre le commerce. Revenu en France il développe les échanges avec l'Europe et le reste du monde et se fait connaître du Roi. Au fil du temps, amassant une fortune considérable, il va vite devenir un homme de pouvoir et argentier du roi de France. Tant de succès fait naître bien des jalousies et, après la gloire, il va connaître la chute, l'emprisonnement et la torture avant l'évasion et l'exil.
 
Après un été un peu difficile coté lectures et deux abandons coup sur coup ("Misery" de S King puis "Les apparences" de G Flynn) c'est enfin ce livre qui m' a redonné le goût de la lecture. J'avais bien aimé "l'abyssin" mais je crois que j'ai encore préféré ce roman. Il plaira aux amateurs de romans historiques et de romans d'aventures mais j'ai aussi beaucoup apprécié le coté "confession" du héros. J'avais toujours plaisir à retrouver Jacques Coeur pour qu'il continue de me conter son histoire et de me confier ses passions comme ses peurs et ses doutes. Une façon agréable de lire aussi une sorte de biographie puisque le roman s'appuie bien sur ce que l'on sait de la vie du héros même si l'auteur laisse bien sur libre cours à son imagination pour combler les zones d'ombre. J'ai trouvé cela fort réussi et même si j'ai l'impression que les thèmes des autres romans de Jean-Christophe Rufin m'attirent un peu moins j'essaierai tout de même de les découvrir, c'est certain.  

mercredi 14 août 2013

La ferme des Neshov. Anne B. Ragde (éditions 10/18, 350 pages)

Trondheim en Norvège. Après le décès de la mère de famille et la révélation d'un lourd secret de famille Tor, Margido et Erlend Neshov, ainsi que Torunn, la fille de Tor, reprennent le cours de leur vie chacun de leur coté. Margido se retrouve confronté a sa solitude tandis qu' Erlend doit faire face au désir d'enfant de son compagnon. Quant a Tor, resté vivre avec le père à la ferme, il trouve une certaine consolation dans l'alcool.... jusqu'au jour ou un accident l'immobilise. Torunn fuit alors ses déboires sentimentaux pour venir secourir son père et prendre  soin de la ferme. Pour chacun d'entre eux des choix vont devoir être faits.....


C'est un petit coup de mou estival coté lectures qui m'a fait choisir cette lecture en Juillet. Le premier tome de la saga (La terre des mensonges) avait en effet été un vrai coup de cœur. En fait c'est très curieux.... D'un coté j'ai eu l'impression de m'ennuyer un peu tout au long du livre et d'un autre j'avais quand même envie de continuer à suivre les personnages et de savoir ce qui allait leur arriver.... le fond de leur histoire ne m'intéressait pas vraiment mais je m'étais suffisamment attachée à eux pendant le premier tome pour ne pas avoir envie de les abandonner en chemin! Je pense que je ne devais pas avoir l'esprit très propice à la lecture.... Enfin en tous cas l'auteur sait y faire avec les fins de roman car encore une fois la chute laisse planer un tel suspens qu'on ne peut pas ne pas avoir envie de connaître la suite!!! Je suis surtout curieuse de savoir comment va se terminer le dernier opus mais j'ai cette fois un petit plus d'appréhension... j'espère que je ne serais pas déçue et que cette saga familiale restera une belle découverte....   

mardi 9 juillet 2013

Si tu me voyais maintenant. Cecelia Ahern (éditions Albin Michel, 329 pages)

Baile na gCroithe, quelque part en Irlande. Yvan exerce la profession peu commune d' ami imaginaire, restant invisible au plus grand nombre et n'apparaissant qu'aux yeux des enfants qui ont besoin de sa compagnie. Le jour ou il rencontre Luke, un petit garçon de six ans, abandonné par sa mère aux soins de sa tante Elizabeth, l'affaire semble assez simple et Yvan entreprend de se mettre au travail pour redonner de la joie de vivre a son nouveau compagnon. Mais après quelques jours, quand il apparaît aux yeux d'Elizabeth, les choses se compliquent. Yvan n'a pas d'expérience professionnelle auprès des adultes.....
 
Si vous me demandez pourquoi j'ai choisi ce livre  alors que ce n'est pas du tout le style de mes lectures je vous dirais qu'après quelques lectures appréciées mais quand même un peu glaciales question ambiance j'avais besoin de chaleur et de légèreté... et l'été qui est enfin là et bien là a du faire le reste! Eh bien figurez-vous que je ne suis pas mécontente. Le but initial de cette lecture étant de me détendre je peux dire que le but est atteint. Même en dépit du coté un peu magique ou fantastique auquel mon esprit cartésien a parfois du mal à adhérer  j'ai trouvé la lecture agréable, les personnages attachants et je me suis laissée prendre par l'histoire. Bref si je lisais à la plage ce serait typiquement le genre de livre que j'y emmènerais.... et je note le nom de l'auteure pour une prochaine fois...      

jeudi 4 juillet 2013

La sanction. Trevanian (éditions Gallmeister, 335 pages)

Montréal, Long Island, Eiger. 1969.
Le professeur Jonathan Hemlock est professeur d'art a l'université mais cette profession ne lui rapporte pas suffisamment pour assouvir la première de ses passions: la collection de tableaux de maîtres volés. Il se voit ainsi régulièrement contraint d'accepter les missions que lui confient les services secrets, celles-ci consistant a exécuter des "cibles" , désignées comme telles pour avoir elles même abattu un membre de l'organisation. C'est donc pour ajouter un Pissaro à sa collection que Jonathan va être confronté à une affaire un peu plus délicate que les autres. Il doit "sanctionner" l'assassin de l'agent Wormwood mais pour une fois celui-ci n'est pas clairement identifié. On sait seulement qu'il s'agit d'un des trois hommes qui se préparent à une tentative d'ascension de la face nord de l' Eiger, montagne suisse mythique qui a déjà conduit à la mort bien des alpinistes. L'alpinisme étant la seconde passion de Jonathan, qui détient déjà quelques beaux sommets à son palmarès, c'est l'homme rêvé pour se joindre à l'expédition et mener à bien la mission.  
 
Je ne suis ni une passionnée de romans d'espionnage ni une passionnée d'alpinisme et pourtant ce roman m'a énormément plu.... Je me suis très vite attachée au héros, qui ne m'a pas paru aussi amoral qu'on veut bien essayer de nous le présenter, et j'ai bien adhéré à l'intrigue. Le suspens, comme il se doit, atteint son apogée durant les cinquante dernières pages, consacrées à l'ascension proprement dite. J'ai particulièrement aimé cette partie décrivant, je pense avec beaucoup de réalisme, l'enfer que peut devenir la haute montagne quand les conditions climatiques se dégradent. Tout le bien qu'on m'a dit de cet auteur se voit donc confirmé et, qui sait, je me laisserai peut-être tentée un jour prochain par un autre de ses romans d'autant qu'au moins l'un d'entre eux semble remettre en scène le professeur Hemlock!       

samedi 29 juin 2013

Un bûcher sous la neige. Susan Fletcher (éditions PLON, 390 pages)





 
Mai 1692, Highlands, Écosse. Corrag, accusée de sorcellerie, attends le bûcher, enchaînée dans une geôle. Chaque jour, elle reçoit la visite du révérend Charles Leslie venu d'Irlande espionner pour le compte du roi Jacques, contraint à l'exil en 1689 et remplacé sur le trône par Guillaume d'Orange. Leslie veut connaître la vérité sur le massacre de Glencoe lors duquel les partisans de Guillaume ont assassiné le clan des Mac Donald et dont Corrag a été témoin. La jeune femme va lui faire le récit de sa vie, d'abord en Angleterre auprès de sa mère,  puis, après un long voyage vers le Nord ouest, dans le glen, terre des Highlanders devenus ses protecteurs. Petit à petit Leslie va voir ses sentiments se modifier au fur et à mesure du récit de cette jeune femme attachante et courageuse. 
 
C'est souvent comme ça quand les attentes sont trop grandes vis à vis d'un livre, on en sort un tout petit peu déçue. C'est sans doute la raison pour laquelle je ne me décide pas à lui décerner un coup de cœur... Pourtant l'histoire est fort bien racontée et l'auteur a réussi à m'emmener au cœur des terres écossaises à la nature inhospitalière et à me faire voyager dans le temps. Je me suis attachée a Corrag, à son coté proche de la nature surtout. Mais même si elle arrive à apprécier les petites choses toutes simples du quotidien, le récit  de sa vie reste si dur et au fond si triste que je ne n'ai pas été mécontente d'arriver au terme       de    l' histoire. Il n'en reste pas moins que si vous vous sentez d'humeur a voyager dans  les contrées hostiles du Nord je vous recommande chaudement la lecture ce de livre!!! 

mercredi 5 juin 2013

England's Lane. Joseph Connoly (éditions Flammarion, 417 pages)




Londres, 1959, England's Lane. C'est ainsi que s'appelle la petite rue commerçante ou vivent Milly et son mari, Jim, qui a repris la quincaillerie de ses parents. On se demande un peu pourquoi elle l'a épousée, au cours d'une courte permission pendant la dernière guerre... en tous cas on ne peut pas dire qu'ils sont heureux en ménage. Après le décès tragique de ses parents dans un accident de voiture, ils ont recueilli Paul le neveu de Milly, âgé de dix ans. C'est ce petit garçon qui fait son bonheur, elle qui aurait tant aimé avoir des enfants. Dans England's Lane vivent aussi Stan le confiseur, dont la femme reste cloîtrée dans sa chambre et qui doit s'occuper seul de son fils Anthony, handicapé par la polio, et la famille Barton qui a récemment repris la boucherie. Jonathan Barton, grand séducteur au passé inquiétant et mystérieux, s'est installé avec sa jolie femme Fiona et leur fille Amanda qui va rapidement sympathiser avec Paul et Anthony. Et puis il y a Madame Goodrich, la vipère du quartier, qui aime tant colporter les petits ragots....  
 
C'est une belle découverte que ce roman qui me permet enfin d'afficher de nouveau un petit coup de cœur. Je n'ai pas lu les précédents livres de cet auteur à l'humour très "british" mais j'en ai désormais très envie! J'ai d'abord beaucoup aimé la description des personnages qui sont présentés avec tous leurs travers et sans concessions mais aussi de manière très touchante. On éprouve en les découvrant à peu près toute la gamme je pense des émotions ou des sentiments. Et pour certains, en tous cas en ce qui me concerne, la façon de les considérer va beaucoup changer en cours de route... Et puis j'ai aussi apprécié l'ambiance de ce quartier des années 50 dans lequel toute l'histoire se déroule en huis-clos, juste avant que la vie de ces petits commerçants ne soient bouleversée par l'arrivée des années soixante et des grands magasins. L'histoire a certes des cotés sombres car la vie n'épargne pas certains d'entre eux (notamment le petit Anthony) mais il y aussi beaucoup d'humour et sans trop en révéler une fin plutôt optimiste!!! Enfin la narration est très originale puisque, si les personnages prennent la parole pour nous livrer leur point de vue les uns après les autres, on passe ici de l'un à l'autre sans transition le plus souvent a l'occasion d'une rencontre ou d'un dialogue entre eux par exemple...
Bref je suis enchantée par cette lecture et je ne peux qu'espérer  que mes lectures du mois de juin resteront dans la même veine!!!       

samedi 25 mai 2013

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers. Bjorn Larsson (éditions Grasset, 491 pages)


Six Février, Port d'Helsingborg, Suède. Karl Petersén, directeur littéraire de la vénérable maison d'édition Arnefors et Fils, est avant tout un amoureux de littérature, sourd aux sirènes du profit. C'est pourquoi il édite à perte les œuvres de Jan Y Nilsson, considéré comme l'un des plus grands poètes suédois contemporains. Convaincu de son talent de conteur d'histoires, il a toutefois réussi à persuader ce dernier, non sans difficultés, de se mettre à la rédaction d'un polar dont il espère faire un best-seller. Après avoir réussi à vendre les droits à plusieurs éditeurs européens il n'a plus qu'à faire signer un juteux contrat à l'auteur et à s'assurer que celui-ci mette la touche finale au roman qui n'attend plus que son dénouement. Malheureusement lorsqu'il lui rend visite à Helsingborg il le trouve pendu à bord de son bateau,  le Mademoiselle Ti. Barck, inspecteur de la police maritime et poète à ses heures perdues, se voit confier l'enquête. Dès son arrivée à bord cet ancien de la criminelle n'est pas dupe: il s'agit bien d'une scène de crime, le poète a été assassiné....
 
Après quelques thrillers abandonnés, je désespérais de me remettre avec plaisir aux romans policiers. C'est chose faite! J'ai vraiment beaucoup aimé ce polar nordique. Les ingrédients pour me plaire y étaient réunis: un inspecteur attachant, l'action qui se passe dans le milieu littéraire, le suspense psychologique et l'ambiance nordique... Le petit clin d'œil de Barck à son collègue de la police d'Ystad, le commissaire Wallander, m'a beaucoup plu! Un autre petit plus: les vers attribués dans ce polar à Jan Y sont en fait l'œuvre du poète breton Yvon Le Men, ce qui m'a permis de le découvrir....

lundi 29 avril 2013

L'atelier des miracles. Valérie Tong Cuong (éditions JCLattès, 266 pages)

Trois personnages en pleine crise. Millie, secrétaire intérimaire, se défenestre pour échapper aux flammes qui ravagent son appartement. Monsieur Mike, déserteur de l'armée devenu SDF, se fait rouer de coups dans la rue et  termine au bloc opératoire. Mariette prof d'histoire géographie en plein "burn-out",  finit à bout de nerfs, par gifler le meneur de la classe qui lui rend la vie impossible depuis des mois. En se réveillant de leur cauchemar tous trois vont trouver sur leur route une main tendue pour les aider à se remettre en selle, celle de Jean, président d'une association caritative appelée "l'Atelier".
 
 
C'est bien d'attendre quelques jours avant de livrer ses impressions sur une lecture parfois. J'ai terminé ce livre, choisi par hasard, plutôt contente de ma lecture même si l'histoire n'a pas pris la tournure que j'imaginais. Et quelques jours plus tard je me rends compte qu'il ne laissera probablement que très peu de traces dans mes souvenirs... pourtant j'ai apprécié le style de l'auteur mais je crois que je n'ai pas trouvé assez de consistance aux personnages et à leur histoire pour qu'ils marquent durablement mon esprit.......

mardi 23 avril 2013

Underground. Haruki Murakami (éditions Belfond, 580 pages)

Tokyo. Lundi 20 mars 1995. Aux premières heures du jour, à l'heure de pointe, des adeptes de la secte de Aum empruntent différentes lignes du métro de Tokyo avec une mission qui leur a été confiée par leur gourou. Ils emportent avec eux des poches contenant un liquide incolore à l'odeur particulière: du sarin. A l'arrêt aux stations ils vont les percer avec l'extrémité de leur parapluie avant de descendre des trains, laissant se diffuser dans les rames bondées de voyageurs le gaz toxique. L'année suivante, après l'arrestation des protagonistes, Haruki Murakami décide de retrouver et d' interviewer des voyageurs qui ont été intoxiqués par le gaz et qui s'en sont sortis, avec plus ou moins de séquelles, tant physiques que psychologiques.    

Vous l'aurez compris, ce livre de Murakami n'est pas un roman mais plutôt un "documentaire" sur les attentats au gaz sarin perpétrés dans le métro de Tokyo en 1995. Je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque et comme j'avais vraiment beaucoup aimé " Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" je me suis dit pourquoi pas? Le livre comporte en fait deux parties. La première, "Underground" donne la parole aux victimes, enfin à celles qui ont accepté de revenir sur cet épisode douloureux. Après une brève présentation par l'auteur celui-ci se tait et laisse les personnes raconter les circonstances qui les ont amenées à être au mauvais endroit au mauvais moment (toutes se rendaient à leur travail), ce qu'ils ont vu et compris de ce qui se passait au moment de l'attaque et comment s'est déroulé la suite de leur journée puis de leur vie les semaines qui ont suivi. Ils décrivent tous à des degrés divers les signes d'intoxication au gaz et surtout le chaos qui a suivi les attaques et  l'absence complète de réaction des autorités publiques pour leur porter secours. Chaque chapitre est le récit d'une victime et même si, après en avoir lu quelques uns, on ne peut s'empêcher de penser que c'est un peu toujours la même chose, on a envie de poursuivre la lecture  et de découvrir le récit de chacun d'entre eux. La seconde partie, "Le lieu promis", m'a un peu moins plu. Murakami interroge là des adeptes ou anciens adeptes de la secte qui n'ont pas été impliqués dans les attentats. Il tente de comprendre ce qui les amené a y adhérer, ce qui les a amené à y rester, tout en étant capable pour certains d'entre eux d'en critiquer certains aspects, et enfin comment ils ont réagi après l'arrestation et l'inculpation de leur gourou et des adeptes impliqués. J'ai trouvé cette partie plus difficile à lire et à comprendre même si l'auteur tente parfois d'éclairer le discours des intéressés par ses questions. Le fait aussi que les protagonistes de l'affaire , tous emprisonnés et pour certains condamnés à mort, n'aient pas été interrogés directement enlève je trouve pas mal d'intérêt à cette deuxième partie. Je pense toutefois que ce livre m'a beaucoup appris sur le Japon et ses habitants d'une part et sur la façon dont on se relève d'un tel traumatisme d'autre part. Je ne peux donc que vous le recommander et je vais tenter pour ma part de me replonger dans 1Q84 que j'avais débuté en anglais il y a plusieurs mois....       

lundi 8 avril 2013

Avec le diable. James Keene, Hillel Levin (éditions Points, 296 pages)

                                                 
1990. Prison de Springfield, quartier de Haute sécurité. Jimmy Keene, arrêté et incarcéré pour trafic de drogues, découvre l'univers carcéral et se morfond à l'idée de devoir passer dix ans derrière les barreaux. C'est alors que le FBI et le procureur qui l'a condamné lui proposent un marché. En échange d'une libération anticipée ils lui demandent de soutirer des aveux à Larry Hall. Ce dernier est enfermé à Springfield dans un établissement pénitentiaire avec unité spécialisée dans la prise en charge des détenus psychiatriques. Il a été condamné pour un seul meurtre mais il est soupçonné d'être un tueur en série. Le FBI recommande a Keene d'attendre plusieurs mois, par prudence, avant d'aborder Hall mais il le repère dès son arrivée a Springfield et le percute accidentellement en essayant de le suivre à la cafétéria. Les liens vont donc se nouer entre eux beaucoup plus vite que prévu....  

J'avais envie d'un polar... La couverture argentée et le logo "sélection 2013 pour le prix du meilleur polar"  ont attiré mon regard dans le capharnaüm qu'est la boutique de livres d'occasion ou je me suis procuré ce livre. Il a été vite lu, à l'occasion d'un voyage en train, et même si l'histoire tenu en haleine jusqu'au dénouement final j'ai été un peu contrariée par la forme. J'avais bien noté qu'il s'agissait d'une histoire vraie mais je ne m'attendais pas à la façon dont elle est racontée. J'ai vraiment eu l'impression de lire un documentaire sur l'univers carcéral aux USA et les tueurs en série. Les faits sont racontés de manière un peu "journalistique" que je n'ai pas aimé, moi qui avait été accrochée par la référence au silence des agneaux de la couverture. Les droits d'adaptation pour le cinéma ont été achetés  nous dit-on et pour le coup je pense que la version film sera sans doute plus intéressante que le livre....

dimanche 31 mars 2013

Les cerf-volants de Kaboul. Khaled Hosseini (éditions Belfond, 384 pages)





Kaboul, Afghanistan, début des années 70. Amir vit avec son père Baba, un riche notable, dans une confortable villa. Dans une modeste maison du parc vivent Ali et son fils Hassan, leurs domestiques auxquels ils sont particulièrement attachés. Les deux enfants se vouent, malgré leur différence d'origine et de rang social une indéfectible amitié et partagent leurs jeux. Mais un jour, alors qu'Hassan se fait agresser sous ses yeux, Amir reste pétrifié et ne trouve pas le courage de lui venir en aide. Le lien est brisé et la vie de tous bascule. Après l'invasion du pays par les soviétiques Amir et son père fuient vers les états unis abandonnant tout de leur vie passée. Le remord d'Amir ne le quittera jamais. Trente ans plus tard le pays est sous l'emprise des Talibans et c'est alors qu'il est contacté par un ami proche de son père réfugié au Pakistan et sur le point d'y mourir. Il lui offre l'occasion de se racheter mais Amir devra pour cela vaincre sa peur et retourner dans son pays.



Je suis heureuse d'avoir enfin découvert cet auteur et ce livre en particulier dont je n'entendais dire que du bien et que l'on qualifie même de "livre-culte".  L'histoire d'Amir, de l'enfance à l'âge adulte, bien que particulièrement difficile on s'en doute, est en effet passionnante et surtout m'a surtout permis d'entrevoir l'Afghanistan sous un autre jour. Les gens de mon âge n'en n'ont jamais entendu parler que comme d'un pays dévasté par la guerre et sous l'emprise de la violence. On découvre avec l'enfance d'Amir l'ambiance qu'il pouvait y régner avant les années 70 en tous cas à Kaboul. Le livre explore sinon de multiples thèmes, de l'amitié et de la recherche insatiable de l'amour paternel à la culpabilité, le remords ou l'exil. Comme beaucoup d'autres je recommande donc vivement sa lecture et j'inscris "Mille soleils splendides" , second roman de l'auteur, dans ma liste à lire.